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La Muse et la feuille blanche

Um.... Bienvenue au rayon ecriture ^^ Comme je l'ai deja dit, on a tous des humeurs comme ca je suppose.....

 

Minuit. Il est tard. Tu devrais dormir, tu es fatigué, mais une résignation acharnée te pousse, ta volonté de fer seule te maintient éveillé. Les dents serrées, tu grattes et grattes le papier, remplissant les lignes blanches obstinées qui s'étalent devant toi. Seulement.... tu te relis, et tu te rends compte que ça ne vaut rien, que tu ne vaux rien. Alors, les mains crispées, tu rayes et déchires ton travail seulement pour tout recommencer. Il y a des soirs comme ça, petit écrivain, des soirs où l'on a beau s'acharner, lutter, se jeter à corps perdu dans l'imaginaire, rien ne vient, on se sent vide, on ne sent rien. Seulement de la frustration, du désespoir, de la rage peut être, face à cette inspiration qui ne vient pas, face à cette muse sournoise qui se cache et qui t'évites pas à pas. La peur de la feuille blanche te guette, et tu enfouis ta tête dans tes mains, abattu. Petit poète, il ne faut pas baisser les bras, pas tout de suite, pas complètement, pas avant de t'être totalement tu. Il faut résister, se battre, persister jusqu'à ce qu'enfin, l'inspiration daigne t'éclairer de sa lueur blanchâtre. Est-ce vraiment une bataille, est-ce vraiment une lutte? Non, vois plutôt cela comme une quête, petit rêveur, une de ces aventures grandioses dont tu voudrais écrire l'apothéose, une de ces péripéties exaltantes dont tu aimerais tant être la muse guerroyante. Mais quelle ironie.... ta propre muse te dédaigne et te nie, et tu as beau supplier, plaider, appeler, un silence vide te répond, un silence qui te pousse à écrire des lignes sans fond. Résigné, tu te décides finalement à abandonner, te sentant plus bas que terre; humilié, tu sens ton esprit te quitter et toi, toi! tu erres. Petit artiste hagard, tu te sens comme un aveugle dans le noir, tu patauges et tâtonnes, tu jauges et sillonnes, mais rien ne t'accroches et tu glisses, dans le trou béant que sont ces abysses. Quand enfin tout est perdu, quand tu crois que ton inspiration n'est définitivement plus, une brise vivifiante te caresse le visage, une voix chantante se traîne dans ton sillage, et d'un susurrement envoûtant, charmant ton coeur palpitant, tu te sens entraîné, élevé soudainement plus haut que jamais. Peut-être n'est-ce qu'une illusion, peut-être n'est ce que ton imagination, mais tu jurerais avoir senti une pale main blanche se poser sur ton front, avant que ta propre main ne t'embarques dans une danse frénétique jusqu'à ce qu'enfin, enfin! tu oses faire affront.

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